On raconte qu’au cœur de notre club vivait une femme dotée d’un pouvoir rare.
Elle s’appelait Élise, mais dans les chemins et les sous-bois, on la surnommait la Gardienne des Carnets, la Maîtresse des Listes, ou encore celle-qui-sait-toujours-où-est-le-stylo.
Chaque randonneur savait qu’avant de partir, il fallait passer par elle.
Car Élise possédait un don : elle retrouvait les documents perdus avant même qu’ils ne disparaissent, et elle savait qui avait oublié son certificat médical rien qu’en entendant le vent souffler dans les feuilles.
Un jour, alors que le groupe s’apprêtait à partir pour une grande marche, une rumeur se répandit comme une brise fraîche :
« Élise quitte son poste de secrétaire… »
Les randonneurs se figèrent.
Les bâtons tremblèrent.
Les gourdes frémirent.
Car nul ne savait comment survivre sans celle qui, d’un simple regard, pouvait remettre de l’ordre dans un sac à dos ou dans une réunion.
Alors le club se réunit au sommet d’une colline, là où la vue porte loin et où les décisions importantes se prennent.
On y évoqua les exploits d’Élise :
- la fois où elle avait réussi à faire signer tous les papiers, même à ceux qui fuyaient les stylos comme les montées raides,
- la fois où elle avait calmé une réunion agitée d’un simple sourire,
- la fois où elle avait retrouvé la liste des participants dans un sac où même la lumière n’osait plus entrer.
Mais Élise, elle, souriait.
Elle expliqua qu’elle ne quittait pas les sentiers, seulement le trône de secrétaire.
Qu’elle pourrait désormais marcher sans classeur, sans rappels, sans stylo coincé dans les cheveux.
Juste marcher, rire, respirer, profiter … dans une nouvelle région
Alors les randonneurs comprirent.
Ils lui offrirent un grand merci, aussi large qu’un panorama au lever du soleil.
Et ils lui dirent :
« Élise, tu resteras toujours la Gardienne des Sentiers…
mais maintenant, tu peux marcher légère. »
Et depuis ce jour, quand un nouveau membre demande :
« Qui s’occupe des papiers ? »
On répond simplement :
« Avant, c’était Élise. Maintenant, c’est… compliqué. »
Mais quand on croise Élise sur un chemin,
sans dossier, sans stress, juste avec son sourire,
on sait que la légende continue …
Bonne continuation à Élise dans ta nouvelle contrée








